Un voyage au Japon 1/3

Publié le par Spooky

Une vue de Tokyo, au petit matin.

 

J’ai eu la chance, il y a quelques semaines, de faire un voyage touristique au Japon avec ma petite famille. Si vous n’avez pas eu ce plaisir, et si ça vous intéresse, je vous propose de vous en parler, d’abord au travers de mes observations de la société nipponne, puis au travers du voyage en lui-même, en vous présentant les moments forts et les monuments intéressants. Mais attention, ne prenez surtout pas mes écrits pour parole d’Evangile, le mieux est encore de se rendre sur place pour constater de visu… Je vais mettre des photos de mon cru pour illustrer mes propos, bien sûr.

 

 

La politesse

Commençons par ce qui est visible de prime abord en arrivant dans le pays : la politesse inhérente aux conversations, avec les commerçants et les prestataires de services du moins. Les Japonais sont toujours en train de mettre du « s’il vous plaît », du « merci beaucoup » dans leurs conversations. Juste devant les « pardon » et « excusez-moi » (oui, j’ai appris ces quelques mots avant de partir). Vous vous sentez un peu ridicule avec votre « merci beaucoup, au revoir ».

 

Cette confiance, cette politesse, sont présents également dans la vie de tous les jours. Malgré votre origine étrangère, aucun commerçant ne songe à vous gruger sur la monnaie qu’il vous rend, même si vous donnez un très gros billet pour une somme dérisoire (oui je sais, mais à une ou deux occasions je n’ai pas pu faire autrement). Tiens, deux exemples frappants : dans le train certains laissent portables branchés et sac ouverts pendant qu’ils vont aux toilettes ; je suis également passé à côté d’une voiture à la portière ouverte, moteur tournant au ralenti, devant un quelconque commerce. Des situations impensables dans nos contrées…

 

Le Shinkansen, équivalent de notre TGV

Les transports

Il est très facile de se déplacer au Japon. La ville de Tokyo est un maillage incroyable de lignes de métro, vous pouvez aller absolument partout assez vite. Seul hic, plusieurs compagnies privées s’en partagent l’exploitation ; il faut donc acheter une sorte de carte de transport permettant de toutes les emprunter.  Pour info il s’agit de la Suica Card dans notre cas, une carte qui s’alimente comme un compte virtuel. Un déplacement en métro coûte environ une centaine de yen (moins d’un euro). Pour prendre le train (souvent affrêté par la société Japan Rail), il vous suffit d’acheter un JR Pass (environ 200 euros pour un adulte, demi-tarif pour un enfant), et vous pouvez vous déplacer partout et autant de fois que vous le souhaitez dans le pays pendant une semaine. Quand on sait que c’est d’ores et déjà amorti lors d’un voyage aller-retour entre Tokyo et Kyoto, on voit l’intérêt d’un tel système.

 

Les transports japonais sont TOUJOURS à l’heure. Les métros arrivent invariablement toutes les deux minutes, et les trains partent et arrivent aux horaires indiqués, même s’il y a des ralentissements sur le trajet. Sur le trajet Tokyo-Kyoto, les contrôleurs sont capables de vous dire précisément à quelle minute vous arriverez en vue du Fujiyama, montagne sacrée et aimant pour les appareils photos. Dans chaque gare les emplacements en face de chaque porte des wagons et rames est strictement délimité, et les gens font sagement la queue pour entrer dans les wagons. Nous n’avons pas beaucoup circulé aux heures de pointe, mais même dans ces cas-là, les gens restent polis, et certains restent que le quai si le wagon est bondé.

 

Dans le métro tokyoïte

 

Dans les principaux quartiers de Tokyo, de nombreuses indications, en plus des kanji japonais, sont en lettres romanes, voire en anglais. Il arrive que d’autres langues, telles le Coréen et le Chinois, soient présentes. Le summum fut dans un temple à Kyoto, où des petits guides de visite étaient écrits en une dizaine de langues… Attention aux plans par contre, losque vous en lisez un dans la rue (souvent près des arrêts de métro ou de bus), ils ne sont jamais pareils : jamais orientés vers le nord, comme le sont par défaut les nôtres (à part le plan du métro tokyoïte et les bus de Kyoto, d’après ce que j’ai pu constater), ils placent la personne qui regarde le plan dans le sens où elle regarde. Par exemple si le temple que vous cherchez est devant vous, il est placé sur le plan au-dessus de l’emplacement où vous êtes, même si vous êtes orienté(e) vers le sud-ouest.

 

La gastronomie

La gastronomie japonaise est très diversifiée, plus que ce qu’on pourrait croire en allant dans les restaurants de sushi qui fleurissent un peu partout en France. Il n’est ainsi pas rare de trouver des restaurants proposant des soba, des udon ou des ramen, différentes sortes de nouilles, avec ou sans bouillon. Beaucoup sont savoureuses, et la découverte est donc aussi gustative. On peut trouver des restaurants un peu plus traditionnels, proposant par exemple des okonomiyaki, des omelettes à la recette fluctuante qui cuisent devant vous sur une plaque chauffante incrustée dans votre table. Et bien sûr, des soupes miso avec des ingrédients très diversifiés, et des sushi, là encore plus diversifiés que ceux que nous connaissons.

 

Les toilettes

Passons aux choses un peu moins respectueuses pour nous marrer un peu. Au Japon ont été inventées, ou du moins démocratisées les toilettes chauffantes. De véritables petits ordinateurs intégrés qui vous proposent donc une lunette chauffée en permanence (pratique quand vous traversez un appart’ en pleine nuit d’hiver), de la musique ou certains bruitages afin de « masquer » vos propres bruits intimes, des jets humidifiants et séchants pour vos parties basses, et même parfois, dans les toilettes pour hommes, des jeux video au-dessus des urinoirs (dont l’ouverture est très basse, dans doute pour permettre aux plus jeunes d’entre nous de s’en servir). Si vous traversez la maison ou l’appartement la nuit, faites attention à votre tête, car les hauteurs de porte sont parfois modestes. La taille moyenne des Japonais a dû s’accroître au fil des années, car en regardant la population dans les transports en commun, j’ai pu constater qu’elle était assez proche de celle des Européens, tous sexes confondus.

 

 

Les emplois étranges

Le plein emploi semble être une réalité au Pays du Soleil Levant. Quand on se déplace un peu, on comprend pourquoi : certains ont des emplois quelque peu… étranges. Aux alentours d’un chantier, il peut y avoir une ou plusieurs personnes dont le rôle est de vous indiquer qu’il y a un chantier (malgré les bandes orange, les gros engins et les gars avec des casques à un mètre d’eux, bien visibles). Dans les agences de voyage ou les boutiques où vous achetez vos titres de transport, pareil, certains sont chargés de vous indiquer qu’un guichet se libère. Quitte parfois à se marcher sur les pieds. Ce qui donne parfois des ballets oscillant entre le fascinant et le cocasse, avec le surréalisme en guise de fil conducteur. A l’entrée et à la sortie des parkings souterrains, pareil, une ou deux personnes sont là pour vous indiquer le chemin. Devant les hôtels un peu classieux, une personne vous indique le chemin avec un bâton lumineux ressemblant à une version « baby » d’un sabre-laser. Ce n’est pas le voiturier, qui est quelques mètres derrière. La prévenance est partout.

 

Pour vous donner deux exemples, je cherchais un whisky japonais introuvable dans nos contrées. Dans le rayon, un carton vide avec le look du whisky. Pour éviter les vols, qui doivent être très rares, de toute façon (je n’ai pas vu beaucoup de vigiles aux portes des magasins). Je me rends à la caisse centrale pour demander le whisky, visiblement la caissière ne parlait pas un mot d’anglais, mais avec le carton, elle comprend, et disparaît. Pour aller vérifier où j’ai pris le carton, et… l’y reposer. Avant que j’aie pu réagir, elle part chercher une de ses collègues, qui vient me demander à la caisse ce que je désirais. Je réitère ma demande, la seconde personne maîtrisant un peu mieux la langue de Shakespeare. Elle part, et revient avec mon whisky… et deux autres employées, l’une venant encaisser mon argent, et la deuxième emballant le produit, puisqu’il était évident que j’allais le remporter dans mon lointain pays. Le temps que tout cela se fasse, une cinquième personne est arrivée, probablement une responsable, pour me remercier d’être venu dans le magasin et me souhaiter une bonne journée. Surréaliste, là encore, mais c’était drôle.

 

Autre exemple, après avoir acheté deux magnifiques maquettes à monter dans le musée Ghibli (je vous en parle plus tard), je cherche des peintures pour figurine. Oui, j’avais envie de monter tout ça avec des produits made in Japan. Dans un magasin de jouets, je demande de l’aide à une caissière, à l’aide des indications portées sur le mode d’emploi et de montage des maquettes, bien évidemment écrites à 95% en kanji. La caissière n’avait pas tout à fait les teintes voulues, je lui dis que ce n’est pas grave, mais emportée par sa conscience professionnelle, elle cherche la teinte la plus proche, se renseigne au téléphone pour avoir confirmation, et pousse jusqu’à m’écrire sur un papier les dosages pour obtenir les teintes souhaitées… plus d’une demi-heure pour avoir une quinzaine de petits pots...

 

Dans la prochaine note, je vous parle du voyage en lui-même, à Tokyo.

 

EDIT : Pour vous faire une idée du coût d'un tel voyage, je vous invite à vous rapprocher de l'agence Vivre le Japon, qui nous a bien rendu service, notamment sur la question du logement sur place.

 

Spooky

Publié dans Divers

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Bérénice 10/03/2015 21:25

Complétement d'accord avec toi, ton article me rend nostalgique. J'avais également été très étonnée par les emplois "étranges" haha

Spooky 19/03/2015 14:33

C'est le premier pays à me faire ça : en être nostalgique.

pierig 10/03/2015 14:42

C'est surréaliste en effet ... le dépaysement a dû être total ! :)
Vite, la suite ! ;)

Spooky 19/03/2015 14:33

Presque total. La suite arrive bientôt :)

Gaël 10/03/2015 14:29

Merci pour ce voyage !!!

Spooky 19/03/2015 14:33

Je t'en prie :)