De Superman au Chat du rabbin

Publié le par Spooky


De temps en temps je vais voir une exposition, et des fois ça vaut vraiment le coup. L'autre soir je suis allé, avec un copain, au Musée d'art et d'Hhstoire du judaïsme.  Une exposition temporaire porte sur l'influence des auteurs juifs sur la production du 9ème Art.

Avant de parler de l'expo proprement dite, juste une petite évocation des conditions de sécurité au sein du musée. Ainsi, comme j'étais en avance, je décidai d'attendre mon camarade devant la porte cochère. Un gardien vint -très gentiment, je tiens à le souligner- me demander ce que je faisais là. Comme je venais visiter le musée, il me demanda de soit entrer dans le hall, soit d'attendre sur le trottoir d'en face. "s'il y a une attaque, il vaut mieux éviter les attroupements devant la porte", m'expliqua-t-il. Une fois mon camarade arrivé, nous dûmes mettre nos sacs sur un tapis roulant, ainsi que la moitié du contenu de nos poches. Je dus ainsi laisser en consigne mon couteau suisse, ce qui est normal. Mais je dois quand même dire que ces mesures de sécurité sont étranges. 

Parlons maintenant de l'expo proprement dite. A l'origine, Anne-Hélène Hoog, commissaire de l'exposition, qui connaissait quelques auteurs juifs de BD, et qui s'est rendue compte progressivement de la place majeure qu'ils tenaient dans le 9ème Art. dans les années 1930, un auteur comme Jack Kirby, futur auteur de Fantastic Four, Hulk, X-Men, Thor, commence à faire son trou. Mais c'est véritablement après la fin de la seconde guerre mondiale que nombre de questionnements relatifs à la condition juive apparaissent dans la BD. A cette période, la nouvelle graphique d'Al Feldstein et Bernard Krigstein intitulée Master Race, propose une séquence incroyablement dynamique mettant en scène la Shoah. Dans les années 1960 et 1970 la BD underground américaine fait beaucoup parler d'elle. Will Eisner, avec son Spirit, et Art Spiegelman, auteur du célèbre Maus, sont les exemples les plus populaires. En Europe, des auteurs comme Gotlib ou Reiser abordent les problèmes de société de façon différente, souvent avec humour. Aujourd'hui les héritiers de ces traditions et de ces auteurs se nomment Joann Sfar ou Marjane Satrapi. L'exposition propose également quelques originaux d'artistes israëliens, comme Rutu Modan ou Yirmi Pinkus. Israël, où il n'y a pas vraiment d'industrie de la BD, mais plutôt une tradition de caricature de presse.

L'exposition se découpe en 5 chapitres, dont le chapitre central est consacré au seul Will Eisner, figure majeure et emblématique de la BD juive et de la BD tout court. Les autres chapitres sont essentiellement répartis par périodes hitoriques, de 1912 à 2007. C'est une exposition qui se tient jusqu'au 27 janvier, mais j'ai cru lire qu'elle pourrait être itinérante. Une expo très intéressante, dont vous pouvez trouver quelques extraits ici.

Publié dans Bandes dessinées

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Stéph 22/01/2008 19:04

De l'avantage de vivre à Panam ! cette expo a l'air bien chouette...

Spooky 16/01/2008 15:36

Oui, c'est une intruse de ce point de vue-là. Attention, Iranienne c'est sa nationalité, pas sa religion. Mais elle est héritière de la tradition initiée par ces grands noms...

Doña Hermine 16/01/2008 13:03

Euhhhh, y a quand même une "intruse" dans ta note, non ? Autant que je sache, Marjane Satrapi est Iranienne, pas juive ?

pierig 16/01/2008 09:38

C'est vrai ... tu m'avais dit que t'allais voir cette expo. L'idée d'utiliser la bd non pas comme fin en soi mais plutôt comme support pour développer un autre thème (ici le judaïsme et auteurs juifs) est bien vue. Ca ne peut être qu'intéressant ou , du moins, enrichissant . . . on verra si elle passe en belgique. :-)