Into the Wild

Publié le par Spooky


Christopher Mc Candless, 22 ans, fraîchement diplômé de l'université, décide de partir. Loin. Seul. Sans rien. Il lègue ses 24 000 dollars d'économies à une oeuvre caritative et  part avec sa vieille Datsun vers l'ouest. Puis à pied, en stop... Son but ? Aller en pleine nature, en Alaska probablement, et peut-être y rester. Au fil de son voyage, il va croiser des gens, mais prendra soin de ne pas laisser de traces, afin  de ne pas être retrouvé par ses parents.

Voilà, voilà le résumé du dernier film de Sean Penn, adapté du roman du journaliste Jon Krakauer, qui s'est lui-même inspiré d'une histoire vraie. Ca a l'air simple, comme ça, mais nous avons là un très grand film, voire même un chef-d'oeuvre.


On connaissait Sean Penn, acteur réalisateur "rebelle" américain, qui trace le sillon d'une oeuvre singulière, en même temps qu'un militantisme politique (Penn est l'un des plus farouches opposants de Bush). Ici il nous livre un livre sur l'aliénation, la nature humaine, la solitude, la culpabilité, l'amour aussi.
Chris décide de quitter une société aliénée, malade, matérialiste, incapable de prendre soin de sa composante essentielle, l'individu. Une société pourrie, mais aussi une famille déchirée, avec des parents qui veulent divorcer mais ne franchissent pas le pas, rendant leurs enfants très malheureux. Des parents ingénieurs, fiers de leurs carrières mais délaissant leurs enfants. Pourtant la nature humaine n'est pas totalement fichue, comme le prouvent quelques personnes que le jeune homme croise sur sa route. Des personnes auxquelles il redonnera espoir, et qui ne l'oublieront jamais. Des personnes seules, en couple, alors que lui-même a décidé d'être seul, de ne pas s'attacher trop. Des personnes qui ont en elles, pour certaines, un sentiment trop fort de culpabilité pour réellement vivre. Des personnes auxquelles il apportera l'espoir, disais-je, mais aussi la capacité d'aimer, de façon totalement libérée, de façon pure.

Chris a une formidable capacité pour rendre les gens heureux. Ce vieil homme qui a perdu femme et enfant lorsqu'il était mobilisé en Corée, cette petite chanteuse dans un camp de hippies... des rencontres plus ou nmins brèves, mais gravées dans le coeur du spectateur... L'histoire du vieil homme m'a presque fait venir les larmes aux yeux. Il est si touchant, l'acteur (Hal Holbrook) dégage une telle tristesse qu'on a envie de passer l'écran, de venir l'aider à changer de vie, à se débarrasser de ce poids qui l'écrase...


Un film fort en émotions, donc, et pourtant Sean Penn ne s'attarde pas sur le pathos, se contentant d'imprimer un sceau d'authenticité à son long métrage. Il aurait pu également jouer la carte du contemplatif, et filmer les superbes paysages où passe Chris, et faire un diaporama creux. Ce n'est bien évidemment pas le cas, vous l'aurez compris, puisque le réalisateur s'attache aux personnages, en premier lieu, bien sûr, Chris. Pour l'incarner l'acteur-réalisateur a choisi Emile Hirsch (pas encore 22 ans), un presque inconnu puisqu'il n'a joué que dans Girl next door et Les seigneurs de Dogtown, deux films presque passés inaperçus en France. L'acteur a dû dire adieu à ses bonnes joues poupines pour incarner Chris, qui, privé de nourriture au cours de son second hiver dans la nature, en vient à s'émacier de plus en plus. L'acteur est tout simplement prodigieux, très habité par son personnage. Autour de lui, on trouve des acteurs de second rôles très solides (Vince Vaughn, Catherine Keener, William Hurt ou la jeune et jolie Kristen Stewart, qui jouait la fille de Jodie Foster dans Panic Room). On a presque l'impression d'assister à un documentaire sur la vie peu ordinaire d'un jeune homme. Un reality show authentique, en quelque sorte.


La narration est un peu inhabituelle. Le film commence par l'arrivée de Chris sur les lieux ce qui sera son nouveau domicile, au milieu de nulle part. ensuite nous voyons sa remise de diplôme, son départ, ses rencontres... Le tout émaillé de séquences de la période la plus proche de nous, un ou deux ans plus tard. Le récit est fait par Chris, à travers ses notes sur son journal, ses gravures sur un bout de bois, mais aussi les commentaires de sa soeur, qui nous montre le désarroi, la colère puis le chagrin pur de sa famille après son départ. Le spectateur n'est pas pris pour un imbécile avec des récitatifs expliquant ce qu'il se passe, et du coup il respire, profitant de l'histoire formidable qui lui est contée.

Un film magnifique émouvant, bien joué et bien interprété, à mettre dans la même catégorie que Le secret de Brokeback Mountain et Une Histoire vraie.

Publié dans Films

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Stéph 22/01/2008 19:03

Ça fait envie tout ce que tu en dis de ce film !Pfff... et ça fait un bail que je ne me suis pas fait une toile... seul bémol : tu le compares au Secret de Brokeback Mountain dont j'avais tant entendu de bien qu'il m'avait paru un peu fade au visionnage...Mais bon, àun film à jouter sur ma liste de films à voir malgré cela !

pierig 18/01/2008 14:46

Bon, enfin un bon film à aller voir :)