Le Château d'Otrante

Publié le par Spooky

Le château d’Otrante est un roman paru en 1764. il a été écrit par Horace Walpole, écrivain anglais, qui se présentait alors comme le simple traducteur d’un ouvrage italien écrit en 1529. la supercherie a été dévoilée par l’auteur lui-même dans les éditions suivantes ; c’est bien lui l’auteur du Château d’otrante.

Le Château d’Otrante commence avec la mort de Conrad, le fils de Manfred, le jour même de son mariage. En raison des implications politiques du mariage, Manfred, son père, décide de divorcer de sa femme Hippolite et d’épouser Isabelle, la fiancée de Conrad. Une antique prophétie affirme cependant que le château et la seigneurie sur Otrante seront perdus pour ses détenteurs lorsque le vrai propriétaire sera devenu trop grand pour l’habiter. Le second mariage de Manfred sera perturbé par une série d’événements surnaturels comme l’apparition de membres surdimensionnés, des fantômes, du sang mystérieux et un vrai prince.



Voici l’édition de 1995 de José Corti, édition que j’ai lue.
Ce roman est considéré comme le premier, ou l’un des premiers, du genre gothique. En effet, avec tous les éléments fantastiques cités ci-dessus, considérés à présent comme classiques, voire surannés, nous avons bien là l’essence d’un romans gothique, un mouvement littéraire britannique qui a cours jusqu’en 1830. C’est Walpole qui a lancé lui-même la mode, y compris au niveau architectural, puisque, riche homme d’affaires, il avait fait construire une demeure, appelée Strawberry Hill, dans le style gothique médiéval. C’est ainsi qu’est lancée la mode des châteaux hantés dans la littérature anglaise. De nombreux auteurs vont s’engouffrer dans la brèche dans le petit siècle qui suit, et les œuvres les plus connues du genre seront Les Mystères d’Udolphe, par Ann Radcliffe (1794), Le Moine, de Lewis (1796), Melmoth, de Mathurin (1820) ; le monument Frankenstein, de Mary Shelley, est aussi un représentant du genre. Le roman gothique inspirera d’autres courants, comme le romantisme, le fantastique, et même les premiers ouvrages de science-fiction.

Mais revenons à notre château d’Italie. Il s’agit d’un roman en quasi huis clos, puisque 95% de l’action se déroule au sein de la bâtisse, ou dans ses souterrains. On y croise relativement peu de personnages (7 ou 8 pour ceux qui ont réellement une importance), mais il y a beaucoup de portes qui claquent, des chassés-croisés, des intrigues sous-jacentes… j’ai pensé à un vaudeville, en fait. D’ailleurs Walpole en avait lui-même conscience, puisque dans la première préface il disait que le mystérieux auteur du livre avait des dispositions certaines pour le théâtre. Mais ce qui m’a frappé le plus dans le bouquin, c’est la profusion d’éléments fantastiques. Prophéties, êtres géants, il y a une belle panoplie pour un ouvrage aussi ancien.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, mais attention, c’est d’une écriture un peu datée quand même, il faut être familier de cette époque pour saisir toute la finesse de l’écriture. De même, les multiples rebondissements, ainsi que certaines facilités scénaristiques, peuvent prêter à sourire. C’est un classique ancien du fantastique, à l'abri de l'oubli presqu'uniquement parce que c'est le premier du genre. A redécouvrir tranquillement.

Publié dans Livres

Commenter cet article

pierig 24/10/2007 16:08

Une belle note qui donne envie de découvrir ce livre méconnu. :)